Afin de meubler le temps, O’Rourke se procure des brochures et guides sur Londres et le Caire, tandis que Mary tente de tromper son ennui en lisant un traité de psychologie auquel elle n’entend pas grand chose, dans le vain espoir de comprendre ce qui a bien pu se passer dans la cave de la boîte de jazz. Finley quant à lui, décide de s’intéresser à « Sectes Secrètes d’Afrique« , ce livre qui semblait avoir tant d’importance pour leurs ennemis. Ce qui commence comme un simple récit d’aventures d’un anthropologue britannique du nom de Nigel Blackwell vire rapidement à une horrible plongée au « coeur des ténèbres », pour citer Joseph Conrad.

Quelques jours après, les médecins assurent que Simons, bien que faible, est désormais hors de danger. Dès qu’il est mesure de recevoir des visites, il entreprend de relater à ses compagnons les circonstances de sa disparition de l’hôpital. Ils ne peuvent s’empêcher de frissonner en écoutant le médecin confirmer leurs plus sinistres intuitions en évoquant d’une voix chuchotante les terribles évènements auquel il peine encore lui-même à croire.
Mary Sanger, Charles Finley et Walter Simons comprennent désormais les sybillines allusions du détective bostonien… le monde recèle d’horribles secrets tapis dans les recoins obscurs et l’apparente banalité de la réalité quotidienne n’est finalement qu’un voile pathétique qu’ils auraient aimé ne jamais écarter…

Pourtant jour après jour, le professeur Finley pâlit en parcourant les pages et lorsque chaque nuit, il referme l’ouvrage malsain, les indicibles rituels païens viennent hanter son sommeil. Il y trouve effectivement des informations relatives à la Langue Sanglante et à de mystérieuses prophéties que l’historien ne peut s’empêcher de rapprocher des délires mystiques de Roger Carlyle relatés dans les dossiers de Robert Huston. C’est avec un dégoût mâtiné de fascination morbide qu’il découvre que ses terribles visions de la boutique JuJu y trouvent un écho révoltant. Blackwell détaille en effet un rite de communion blasphématoire destiné à insuffler une parodie de vie un cadavre, en ingérant un morceau de chair morte avant de déposer, au moyen d’un écoeurant baiser , un peu de son propre sang entre les lèvres du cadavre. Horrifié, Finley, dans l’intérêt de sa santé mentale, déconseille à O’Rourke de lire ce brûlot. Pourtant, le détective, qui a déjà insinué avoir connaissance de pratiques similaires, semble bien résolu à approfondir son savoir occulte.

mardi 27 janvier                                  

samedi 31 janvier à jeudi 5 février