Un ensemble de quinze parchemins dont les plus anciens remontent à plus de 2000 ans.

Six d’entre eux sont en arabe:

1) Un parchemin de  lin en arabe, d’environ 13 cm de large, attaché avec un ruban en soie rouge décolorée, venant probablement d’Egypte ou de Tunisie, datant probablement du XVème siècle. La calligraphie en est très stylisée et enluminée. Très bon état de conservation.

Traduction: Il s’agit d’une série de prières, adressées à une entité surnommée le Lion Noir. Il est décrit comme une monstruosité aux allures de sphinx, dotée d’un corps léonin titanesque et d’une tête humaine mais avec en guise de visage  un trou ouvrant sur l’abîme entre les étoiles. Les prières l’exhortent à détruire des envahisseurs venus de terres ayant  autrefois appartenu aux enfants d’Iteru (le Nil)

2) Un parchemin en arabe, partiellement brûlé, d’environ 38 cm de largeur, monté sur une tablette de cire afin de le protéger en raison de sa fragilité. L’écriture est très malhabile et peut être datée du IXème siècle, venant probablement de l’Andalousie mauresque.

Traduction *: Une série d’instructions très confuses destinées à invoquer en proférant  son nom secret, le pouvoir de Thoth, ici évoqué sous son nom arabe Izzu-Tahuti, que le Dr Kafour associera à l’entité mentionnée sous le nom d’Azathoth par Abd Al-Azrad dans le Nécronomicon . Cette invocation risquée, permettrait d’amoindrir la puissance des créatures cauchemardesques et autres entités spirituelles.

3) Un rouleau de vélin en arabe, d’environ 20cm de large, attaché par un ruban en soie rouge décolorée. Il pourrait dater du début du XIIème siècle, venant très certainement d’Egypte.

Traduction: Ce texte est une longue prière adressée au « Pharaon Noir » , également mentionné sous le nom de « Nephren-Ka »,  « Maître de l’Egypte »,  « Seigneur du Cristal Scintillant » et « Voix de la Mort Noire et du Feu Obscur ».

4) Un rouleau de vélin en arabe, d’environ 20 cm de large, sans couture ni ruban. Remonte probablement au VIIIème siècle, bien que le style calligraphique soit plus ancien, suggérant la possibilité que l’auteur ait pu être originaire d’une région provinciale, certainement quelque dans la péninsule arabique.

Traduction*: Il détaille un rituel magique ou peut-être une sorte de barrière de protection contre un djinn étrange nommé « Celui Qui Rôde En Des Lieux Etranges » ou « l’Araignée du Néant », que le magicien  peut employer pour atteindre des contrées lointaines ou pour assassiner  ses ennemis. Le gros du texte est dédié à la création d’un indispensable poignard rituel en fer, en argent ou autre métal pur. Tout porte à croire qu’il s’agit en fait d’une version plus ancienne du rituel décrit dans Le Livre de Dzyon.

5) Un rouleau de vélin en arabe, d’environ 20 cm de large, attaché avec un ruban de soie rouge décolorée. L‘écriture et le support suggèrent une origine égyptienne, datant surement du milieu du XVème siècle.

Traduction* : Une série d’instructions adressées à un disciple, relatives à la préparation et l’élaboration d’un  rituel permettant d’influencer les rêves d’autrui. Le sort requiert un bol forgé en « cuivre céleste», d’herbes spécifiques et de sang du lanceur. La victime ne doit pas être à plus de neuf  lieues. Une référence intrigante précise le fait que l’auteur se délecte de tourmenter ses victimes au moyen de visions d’un chat démoniaque. Retrospectivement, le bol découvert sous la boutique JuJu et les atroces cauchemars ayant hanté Mary et Charles à New York accréditent l’authenticité de ce sortilège.

6) Un rouleau de papyrus  en arabe, en très mauvais état, datant  très probablement du début du Califat Fatimide (Xème siècle).

Traduction: Ce rouleau contient une malédiction invoquant « le Hurleur Informe des Désolations » et « Seigneur des Bêtes » afin de jeter la pestilence sur un certain Hijepha’Oto de Khem, semble-t-il un sorcier égyptien disposant d’un certain  pouvoir.

Deux sont écrits en hiéroglyphes égyptiens:

7) Un rouleau de papyrus en égyptien hiératique, d’environ 25 cm de large, monté sur une tablette de cire. Il date probablement de la 19ème dynastie (env. 1200 av. JC).

Traduction*Une prière appelant « L’Oiseau d’Aztura Le Jaune », un messager ailé. L’essentiel du texte détaille la configuration astrologique nécessaire au rituel ainsi que la création d’une flûte en os destinée à attirer la créature. Les descriptions sont suffisamment éloquentes, sans parler de la mention du sifflet identique à celui trouvé sur l’aristocrate anglais de la Maison Misr, pour comprendre que l’Oiseau d’Aztura ne peut être que la monstruosité chiroptère ayant enlevé Simons à New York ou celle ayant attaqué le groupe dans les marais de l’Essex. Il s’agit donc vraisemblablement d’une version différente du rituel d’appel de L’Aile Sombre des Anemoi contenue dans le Livre de Dzyon.

8) Un rouleau de papyrus en égyptien hiératique de  25 cm de large, attaché au moyen d’un ruban de soie rouge décolorée. Il remonte certainement à la période tanique (21ème dynastie, env. 1000 av JC).

Traduction*: Ce texte, traduit par les soins du Dr Kafour, est en deux parties. La première est une litanie dédiée au Pharaon Noir. La seconde est une supplique implorant ce dernier d’envoyer un serviteur nommé tantôt « l’Uraeus (Le Cobra) de Tahuti » ou « La Mort Qui Rôde Dans la Nuit », par l’entremise d’un sacrifice humain.

Quatre en latin:

9) Des fragments de papyrus, écrits en latin, entre de fines plaques de verre, montées en livret. D’après la langue, doit remonter au début de l’empire romain (30-40 av. JC).

Traduction: Ces fragments contiennent une prière dédiée à une figure  décrite comme « Le César Noir », «  Seigneur de Toutes Les  Contrées » et «  Serviteur du Chaos d’Avant les Titans »

10) Un rouleau de vélin usé en latin, de 30 cm de large, attaché par une cordelette de lin. L’écriture permet de le dater du XIIème siècle. Une note en préambule est en latin ecclésiastique tandis que le corps de texte est rédigé  en vernaculaire impérial (autour du IVème siècle). Des fragments d’un sceau au plomb à l’image d’un lion ont été préservés.

Traduction: Ce parchemin comporte deux parties. La 1ère est une sorte de préface dissertant sur les origines de la seconde, issue d’un monastère apulien. En raison de la fragilité de l’original, elle aurait été recopiée  en vue du procès pour hérésie de l’abbé. Le texte incriminé consiste est une prière au Pharaon Noir.

11) Un morceau de parchemin en latin de dimension inégale, entre 17 et 20 cm de large bien qu’allant en rétrécissant en raison d’une usure ou déchirure. La langue suggère un auteur du bas Moyen Age, peut être fin VIIIème siècle, de la Cour Carolingienne.

Traduction: Un long texte liturgique incomplet à la gloire d’une entité décrite comme « le Maître Obscur aux Ailes Fuligineuses », un monstre chiroptère doté d’un énorme œil à trois lobes ardents, dont il est dit qu’il réside dans « les Ténèbres Par-Delà La Nuit ». Le texte est coupé au cours de la description d’une grosse gemme sacrée pour le culte. O’Rourke ne peut manquer de faire des recoupements avec certaines références à une gemme légendaire de l’ancienne Khem (un ancien nom de l’Egypte) censée accorder le pouvoir de faire venir à elle « L »Habitant des Ténèbres« , qui pourrait être le Cristal Scintillant mentionné dans le parchemin n°3. De même, malgré ses ellipses, la description de l’entité renvoie aux croyances aborigènes du Père des Chauves Souris évoquées par le Professeur Cowles à Arkham.

12) Un rouleau de papier de lin de près de 28 cm de large. Il est écrit en un latin médiéval tardif, lourdement teinté d’Italien vernaculaire. Il vient probablement de l’Italie du nord, éventuellement de Milan et date de la fin du XVème siècle ou du début du XVIème.

Traduction*: Une série de prières destinées à invoquer la puissance du « Messager des Anciens », une sorte de brume amorphe, héraut de la destruction. Les prières l’exhortent à semer la dévastation au sein des armées de « Charles le Bâtard et sa cour vile. »

Deux en français:

13) Un rouleau de vélin friable en ancien français (Langue d’Oïl) d’environ 25 cm de large, sans attache, remontant certainement à la fin du XIème siècle.

14) Un fin parchemin à la facture délicate en ancien français d’environ 38 cm de large, enluminée et illustré, attaché par un ruban de soie noire brodé de fils d’argent. Il date du milieu du XVIème siècle, de la cour de François Ier.

Un en vieil anglais

15) Un rouleau de vélin friable, d’environ 23 cm de large, attaché au moyen d’un fin ruban de peau tannée. Il est rédigé en vieil anglais, datant probablement du milieu du  XIème siècle, ce qui en fait un objet d’une grande rareté.

Traduction:  Une prière au « Dieu Cornu », également  nommé « Seigneur de Toutes Les Bêtes » et  « Le Sombre Veneur » recoupant incontestablement celle contenue dans le parchemin arabe n°6, accréditant la thèse d’une religion occulte ayant réussi à franchir le bassin méditerranéen pour atteindre l’archipel britannique en un siècle.

(*) indique que le parchemin semble contenir la formule d’un sortilège