Erudit conservateur du Fonds Occulte du Musée du Caire

Situé sur les berges du Nil au bout de Kasr El-Nil, le Musée du Caire abrite derrière ses vénérables façades Ali Kafourclassiques la plus importante collection d’antiquités égyptiennes du monde. Sous le regard hiératiques de statues de monarques oubliés, le visiteur désireux de fuir la moiteur des rives du Nil peut découvrir dans la fraiche pénombre de vastes collections d’artéfacts égyptiens s’alignant dans d’innombrables vitrines poussiéreuses.

C’est là, au détour de sinistres momies racornies ou d’étagères garnies de vases canopes que l’on peut croiser le Dr. Kafour. Elégamment vêtu à l’occidentale, il porte fièrement un fez témoignant de sa fierté égyptienne. Le petit érudit semble plus grand qu’il ne l’est, se tenant bien droit, encore fort alerte pour un homme ayant plus que probablement dépassé la soixantaine. D’un sérieux imperturbable, sa voix douce et presque dénuée d’accent fait revivre les fastes de son pays à l’époque des pharaons. Lorsqu’il aborde certains sujets plus obscurs, son regard acéré se fait plus énigmatique, lui conférant une expression mystérieuse digne d’un sphinx. Car le Dr. Kafour semble en savoir long sur les pans les plus obscurs de l’histoire égyptienne, et notamment le culte de Nyarlathotep, tout en admettant à demi-mot le prix qu’implique un tel savoir, notamment acquis en s’exposant aux horribles révélations contenues dans le redoutable Kitab Al-Azif écrit par l’arabe dément Abd Al-Azrad.

Néanmoins, échaudés par leurs récentes expériences, les Investigateurs américains restent circonspects: faut-il voir en lui un allié détenteur de précieux secrets, un simple expert dont le but est de thésauriser la connaissance pour la connaissance, fut-elle des plus sinistres, voire pire encore ?