Nigel WassifCharmant directeur du Bulletin du Caire

De nombreux journaux sont disponibles au Caire, des quotidiens en arabe tels qu’Al-Arham, en français comme le Progrès Egyptien ou des hebdomadaires dont le Bulletin du Caire. Ce dernier situé dans le quartier d’Ezbekiya est dirigé par l’anglophile Nigel Wassif, un sémillant quadragénaire aux cheveux gominés et à la fine moustache digne d’une vedette hollywoodienne. A quiconque le complimente pour sa tenue tirée à quatre épingles, ses manières irréprochables ou son anglais impeccable, il confie qu’il pense les devoir à sa naissance. Un proverbe arabe affirme que « Si vous demandez sa lignée à une mule, elle vous répondra seulement qu’un de ses parents est un cheval« . Pourtant, difficile devant la dignité et l’assurance de Wassif de mettre en doute son intime conviction d’être le fils illégitime d’un mystérieux aristocrate anglais, assurément  de haute lignée, qui aurait séduit sa mère, une grande dame égyptienne morte en lui donnant le jour. Sa classe de gentleman lui ont permis de se frayer un chemin au sein de la haute société cairote, dont il chronique avec élégance et sérieux les soirées et évènements depuis plus d’une dizaine d’années. C’est avec une extrême prévenance qu’il met ses archives à la dispositions des investigateurs désireux de retracer les évènements relatifs à la venue de l’expédition Carlyle en 1919, redoublant d’attention à l’égard de sa collègue américaine Mary Sanger.