Archéologue hollandais porté sur la bouteilleVanheuvelen

Enfermé dans une pièce infecte, empestant la sueur, l’alcool et les relents lourds des fosses de tannage toute proches, Vanheuvelen est venu s’échouer Rue des Mites comme un navire en perdition, achevant de sombrer dans la bouteille, se raccrochant à d’obscurs parchemins comme à une bouée qui lui permettrait de regagner le rivage de la reconnaissance académique.

Approchant la quarantaine, le hollandais peut difficilement cacher l’amour immodéré pour la boisson qui lui a certainement coûté sa place au sein de l’expédition Clive. D’une voix pâteuse, alourdie par un accent néerlandais à couper au couteau, il explique  d’un air conspirateur que, grâce à des informations fragmentaires que lui a charitablement confiées son ex-collègue Martin Winfield, il a réussi à découvrir  sous d’anciennes caves de la Vieille Ville un sanctuaire antique où trônait une statue de chat. Il estime qu’il ne peut s’agir que d’une représentation de Bast, une déité mineure du panthéon égyptien. Sa théorie est corroborée par des parchemins datant de la XIIIème dynastie (1786 à 1633 av. J.C.) découverts dans une cache, dans lesquels un prêtre de Bast du nom de Keraph détaille les rites de ce culte ainsi que ceux d’Apep ou de Sebek. Le hollandais fiévreux pense tenir là une découverte majeure qu’il s’échine à traduire dans la pénombre à la lueur de la chandelle. Les Investigateurs abandonnent le malheureux à ses  chimères, non sans s’étonner avec un brin de superstition, de la présence notable de nombreux chats qui traînent étrangement dans le quartier, les regardant laves une troublante insistance.