nairobi2Bien qu’elle soit une ville récente, Nairobi devient la capitale de la colonie kenyane dès 1905, remplaçant Mombasa. C’est une ville très britannique, quoique l’influence indienne et arabe soit sensible dans certains quartiers.

Nairobi est une ville hétéroclite et confuse, avec quelques bâtiments imposants en pierre de taille et de vastes quartiers en tôle ondulée – boutiques, bureaux, entrepôts et logements. Elle est découpée en longues allées bordées d’eucalyptus dans lesquelles arrivent des rues poussiéreuses. La Cour Suprême, le département de l’Agriculture, celui des Affaires indigènes sont tous pitoyablement logés dans de minuscules baraques de tôles brûlantes… Pour autant, c’est une ville, animée de surcroit, qui bouge Nairobi 4Nairobi 2comme un fleuve et croit comme un enfant, d’une année sur l’autre. Avec toujours cette impression que le monde n’existe pas en dehors de Nairobi, entourée par les vastes étendues de la savane kenyane.

Dans les faubourgs s’étalent les quartiers des indigènes et des immigrés de couleur, la ville noire et la ville brune, bien plus étendues que les quartiers européens. Le village swahili, sur la route du Club Muthaiga est fort mal famé, mais c’est un faubourg animé où il se passe toujours quelque chose à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Principalement construit en bidons de tôle aplatis plus ou moins rouillés, un monument produit par la nature, à l’instar d’un récif de corail.

nairobi1920La ville somalie est totalement en dehors de Nairobi, parce que les somalis, musulmans, veulent maintenir leurs femmes à l’écart du monde. La ville somalie est exposée à tous les vents, son aridité, son absence d’ombres et sa poussière rappellent sans doute aux somalis leur désert natal. En bon peuple nomade, ils manifestent visiblement une grande indifférence à l’égard de l’environnement immédiat de leurs demeures, une attitude qui ne peut que choquer l’âme britannique. Leurs maisons semblent posées au hasard sur la terre nue, comme bâties avec une poignée de clous pour durer une semaine. Aussi est-on surpris si l’on a la chance d’y pénétrer de découvrir tant d’ordre et de finesse, des parfums d’encens, de beaux tapis anciens, des plats et des coupes de cuivre et d’argent, dNairobi 3es épées à la garde d’ivoire et aux lames élégantes, à l’image de leurs femmes dignes et délicates, enjouées aux rire argentin.