Inspecteur wilsonPolicier nonchalant et suspicieux

Compte tenu de la taille de la capitale kenyane, on pourrait penser que les affaires criminelles ne doivent pas être légions. Pourtant en se fondant sur les liasses de dossiers au classement obscur entassée sur son bureau, on pourrait penser le contraire.

A moins bien sûr que cela ne fasse écho à l’impression de laisser-aller qui émane de l’homme corpulent et rougeaud, à la chevelure clairsemée avant même de s’être teintée de gris qui respire bruyamment derrière le dit bureau. Souffrant de la chaleur, Wilson s’éponge souvent le front avec le flegme indigné d’un britannique que l’on sent plus fonctionnaire exilé à son corps défendant dans les colonies qu’aventurier épris d’aventures exotiques. Sa moustache broussailleuse dissimule une bouche au sourire pincé et narquois et meuble un double menton sans grand caractère. Somme toute un reflet en négatif de la courtoisie revêche et de l’efficacité opiniâtre de son homologue londonien, feu l’Inspecteur James Barrington.

L’affaire de l’incendie du train, de l’esclandre de Nairobi State Hospital suivie du carnage de l’hôtel Hampton, ces deux derniers incidents impliquant le peu recommandable Gordon Lewis, dérangent vraisemblablement la routine du policier. Nul besoin d’être grand psychologue pour le savoir plus à l’aise dans les crimes entre noirs, là où son statut de Blanc servant sa Majesté assoit plus naturellement son autorité défaillante. Pour autant, il pourrait s’avérer dangereux de sous-estimer son potentiel de nuisance dans une communauté aussi réduite que celle des Européens de Nairobi…