Nationaliste Kenyan charismatiqueJohnstone Kamau

Johnstone Kamau est un homme de conviction, un fait indéniable qui transparait dans son regard franc et intense. Kamau est un homme de paradoxe, un pont entre passé et avenir.

Né sous le nom de Kamau wa Ngengi dans une famille kikuyu de Ngenda, il fut éduqué par son grand-père, un puissant murogi, un devin kikuyu, puis par les missionnaires de l’église d’Ecosse qui le rebaptisèrent John Peter Kamau. C’est vraisemblablement de là qu’il tient le phrasé précis de son anglais impeccable, de même que sa préférence pour les vêtements occidentaux. Il les porte même lorsqu’il rédige avec passion les pamphlets de Muigwithania, « la Réconciliation », le journal distribué dans les quartiers noirs pour réveiller la conscience de la majorité colonisée. De son grand père il prétend détenir quelques dons, dont celui de pouvoir sonder le coeur des hommes afin de jauger leur sincérité. Et c’est ce qu’il semble lire chez les américains tourmentés qui viennent lui rendre visite dans les locaux insalubres de l’ACK.

A mots choisis, il évoque les zone d’ombre de son pays, et ne nie pas davantage qu’il ne l’avait fait avec Elias l’existence du terrible Culte de la Langue Sanglante auquel il ne porte aucune estime. Sentant la détermination de ces alliés de circonstances,  Johnstone Kamau consent à les mettre en relation avec une personne qui en sait encore plus long sur les ténèbres kenyanes, le Vieux Bundari, un puissant homme-médecine que connaissait son grand-père. Progressiste éclairé, il est n’est que trop conscient que le poids de telles superstitions, sans même parler de la barbarie déployée en leur nom, sont autant d’ancres empêchant le Kenya de voguer vers le destin que Kamau entrevoit pour lui dans le concert des nations, destin dans lequel nul doute il aura un rôle à jouer…