Le lendemain, le médecin a  recouvré la conscience et la raison. Inspectant les blessures de ses compagnons, il réalise que l’état fiévreux de son sauveur indique une probable infection des plaies causées par les horribles mains-serpent de la sorcière. Malheureusement, sa trousse de soins est restée dans les entrailles de la Montagne. Simons juge préférable de garder son diagnostic pour lui, conscient que dans de telles conditions, une telle infection peut évoluer rapidement, provoquant des douleurs atroces conduisant finalement à la mort au terme de plusieurs jours d’agonie délirante.

Il est décidé de mettre le cap sur N’Dovu où il sera peut être possible de trouver de l’aide. Envoyé en éclaireur, Sam Mariga qui a de la famille éloignée à N’Dovu, réalise rapidement en observant le village que nombre des occupants ne sont pas des kikuyu mais des nandis, aux visages inconnus. Craignant que la secte n’ait pris le contrôle de N’Dovu dans les semaines précédant la Naissance, le vieux nègre s’oppose fermement à l’idée de Simons de tenter d’approcher des villageois discrètement, jugeant une telle tentative comme bien trop risquée. Il propose en revanche de tenter de gagner un domaine blanc situé dans la plaine.  Il est probable que le propriétaire du domaine dispose d’une automobile. Ce trajet devait leur prendre à trois ou quatre jours de marche environ compte tenu de leur état.

La marche épuisante, est de plus en plus difficile pour Lewis, dont l’état, faute d’antiseptiques, empire de jour en jour, à la grande inquiétude du médecin. Ses blessures enflent et suppurent de plus en plus, tandis qu’une fièvre tenace le taraude. Lorsqu’enfin ils parviennent au domaine, après être perdus une journée, Ils sont accostés par les squatters de la plantation qui se hâtent d’avertir le maitre des lieux, Oliver Percy Sheridan. Alarmé par leur triste état, le colon britannique se hâte de mettre sa demeure à leur disposition. Ses domestiques installent Gordon Lewis  dans une chambre tandis que Sheridan conduit Simons vers un dispensaire proche, tenu par des missionnaires écossais, pour chercher les médicaments indispensables. Mary, un peu gênée, se voit proposer de s’installer dans une chambre qu’elle réalise, au vu des vêtements naphtalinés et autres effets féminins, être sans aucun doute celle de feu Mrs Sheridan.

Alors que Lewis délire dans son lit, en proie à la septicémie,  le docteur Simons déploie tout son savoir pour le sauver malgré les maigres moyens mis à sa disposition . En dépit de tous ses efforts et malgré les prières de Mary, le britannique ne sortira jamais de son coma fiévreux.

Gordon Lewis est enterré sous un acacia, non loin de la tombe de Mme Sheridan, lors d’une sobre cérémonie présidée par un aumônier dépêché de la mission proche.

Ils se souviennent alors que le Vieux Bundari avait prédit que tous ne reviendraient pas de la Montagne et qu’il y aurait un prix à payer…

Le prix est lourd, en effet, venant s’ajouter au tribut déjà versé: Jackson Elias, Charles Finley et maintenant cet homme qui, si il n’était pas un ami, aura néanmoins sauvé la vie de Simons. Mary prie pour qu’au moins il ait trouvé la paix, fort de la conviction d’avoir vengé les siens afin de trouver le repos, ici, dans la sérénité majestueuse de la savane africaine, sous le regard immuable du Mont Kenya…