Chapitre III : L’EGYPTE

Jeudi 18 avril – vendredi 1 mai 1925: Les investigateurs embarquent sur un paquebot à destination de l’Egypte. Ils se reposent en profitant du luxe de la 1ère classe et d’un printemps de plus en plus clément à mesure que le navire file vers le sud, faisant halte à Lisbonne, Gibraltar, Marseille, Naples avant de rallier Port Saïd, une petite ville européenne sans aucun charme au rivage bordée de dunes tristes. Après une nuit sur place, ils prennent le train à destination du Caire. Désorientés, chahutés dans la foule bigarrée, ils s’en remettent aux bons soins d’un guide local, Hakim. Ils optent pour le « Victoria and New Khedival« , un grand hôtel situé sur la Sharia Nubar, à quelques pâtés de maison de l’illustre « Shepheard’s Hotel » dans le quartier d’Ezbekiya, le nouveau quartier des occidentaux. Le lendemain, désireux de prendre leurs marques tout en travaillant leur couverture de touristes américains férus d’égyptologie, ils se rendent à Gizeh et ne peuvent manquer de s’émerveiller devant les Pyramides et le Sphinx millénaires.

Samedi 2 mai 1925, Le Caire: Fuyant la chaleur qui les écrasent dès le matin, ils se réfugient dans la fraîcheur du Musée du Caire. Déambulant dans ses vastes ailes , ils font la connaissance du Dr Ali Kafour. Initialement méfiants, les américains décident de révéler le réel objet de leurs recherches. Le conservateur du fonds occulte révèle une vaste érudition, en particulier sur les pans les plus obscurs de l’histoire de l’Ancien Empire, notamment les légendes relatives au Pharaon Noir, le dieu que le blasphématoire Al Kitab Al-Azif, plus connu sous le titre de Necronomicon, mentionne sous le nom de Nyarlathotep. L’après-midi, guidé par leur drogman Hakim, ils décident de s’enfoncer dans le Khan-El Khalili, le bazar couvert dans la Vieille Ville, à la recherche de Faraz Najir. Ils apprennent que la boutique de l’antiquaire Rue des Chacals aurait été incendiée par un ifrît descendu du ciel mais que Najir aurait survécu. Ils finissent par retrouver son échoppe de souvenirs, Rue des Potiers. Le marchand défiguré ne tarde pas de s’étrangler à la mention de l’Expédition Carlyle et à les chasser de sa boutique. Face à l’attroupement hostile menaçant de tourner au lynchage, ils sont contraints à fuir sous les crachats et les coups. Choqués et furieux de s’être fait dépouiller d’une centaines de livres égyptiennes, après avoir porté plainte auprès d’autorités égyptiennes ne cachant guère le peu de cas qu’ils font de cette affaire, ils se promettent de retourner voir l’antiquaire quand le calme sera revenu. (Compte-rendu détaillé)

Dimanche 3 mai 1925, Le Caire: Le lendemain matin, après avoir confié à Hakim la tâche d’organiser une excursion à Saqqarah, les américains se rendent aux locaux du Bulletin du Caire, où ils rencontrent directeur, Nigel Wassif, gentleman anglo-égyptien des plus serviables qui met ses archives à leur disposition. Mary profite de sa sollicitude pour évoquer le passage de l’expédition Carlyle au Caire en 1919 ainsi que le vol plus que troublant de la momie découverte par l’expédition Clive mentionné par le Dr Kafour la veille. (Compte-rendu détaillé)

Lundi 4 mai – Mercredi 6 mai 1925, Le Caire: Changeant leur fusil d’épaule, les Investigateurs décident de partir à la recherche de Janwillem Vanheuvelen, dans l’espoir que l’archéologue hollandais mentionné par Nigel Wassif soit encore en Egypte et qu’il puisse leur donner quelques informations sur les fouilles de l’expédition Clive dont il a été renvoyé récemment. Ils finissent par retrouver sa trace après trois jours passés à sillonner le dédale de la Vieille Ville. Passablement éméché, l’homme leur dresse un portrait des principaux membres de l’expédition Clive et relate sa découverte d’un antique sanctuaire dédié à la déesse chat Bast, d’où il aurait ramené de précieux parchemins qu’il entend traduire pour assurer sa renommée universitaire.

Jeudi 7 mai 1925, Le Caire, Saqqarah: A bord d’une veille Peugeot dégottée par Hakim et de son chauffeur ne parlant pas un mot d’anglais, les Investigateurs sont ballotés sur la piste cahoteuse menant du Caire à Saqqarah. Admirant en chemin la célèbre pyramide à degrés, ils finissent par atteindre le chantier de fouilles de l’expédition Clive où ils entreprennent avec plus ou moins de talent de se faire passer pour des écrivains en repérage pour un guide à paraître. La mention de la momie disparue achève d’agacer le Dr Clive qui avoue ne guère avoir de temps à leur consacrer. Pendant leur visite, outre une discussion fort déplaisante avec l’arrogant Martin Winfield, O’Rourke est tout d’abord étonné de la pesante ambiance régnant sur le chantier avant de découvrir avec stupeur qu’un des ouvriers égyptiens porte une ankh inversée autour du cou sous sa djellaba. Ils parviennent en outre à rentrer en contact avec le membre le plus singulier de l’expédition, Agatha Broadmoor. La vieille anglaise, versée dans le spiritisme, leur fait part de ses sombres visions qu’elle prétend tenir des morts. Ces visions tournent autour de forces surnaturelles à l’oeuvre pour ramener la cruelle Reine Nitocris d’entre les morts. Au cours d’un mystérieux rituel dont elle ne pense pas qu’il ait déjà eu lieu, sa dépouille momifiée serait revêtue de ses apparats de reine: sa couronne, son collier et sa ceinture. Convaincus du sérieux de la médium et de l’urgence de la situation, ils en prennent congé à regret pour retourner immédiatement au Caire afin de s’entretenir avec le Dr Kafour.

Vendredi 8 mai 1925, Le Caire: De retour au Caire, les américains hésitent quant aux options qui s’offrent à eux:Comment découvrir le lieu où se déroulera le rituel de la résurrection de Nitocris évoqué par Agatha Broadmoor ? Est-il souhaitable d’essayer de reprendre contact avec Faraz Najir ? Faut-il aller débusquer le serpent dans sa tanière en allant roder aux abords de la propriété d’Omar Shakti à Gezirah Muhammed, tout en étant conscient que cela revient à mettre un coup de pied dans une fourmilière potentiellement mortelle ? Réalisant que si ils doivent aller vers une confrontation directe avec la Confrérie du Pharaon Noir, il faudra être armés, Finley et O’Rourke, suivant les conseils sibyllins du Dr Kafour, consentent à contrecoeur à étudier la répugnante sorcellerie tapie entre les lignes des Fragments de G’Harne et du Livre de Dzyan, sous le regard atterré de Mary Sanger, tandis que Simons tente de percer les secrets des derniers parchemins latins de Gavigan.

Samedi 9 mai- dimanche 10 mai 1925, Le Caire: Songeant un instant à changer d’hôtel, les Investigateurs tentent de renouer le dialogue avec le marchand égyptien de la Rue des Potiers, au moyen de billets transmis par l’intermédiaire du drogman Hakim. Les marchandages tournant au vinaigre, ils décident finalement d’aller le voir directement à la faveur de sa pause méridienne quotidienne au Café El-Fishawi, près de la Mosquée El-Hussein où il a coutume d’aller prier. L’entrevue est tendue car l’homme est manifestement tiraillé entre une peur bien réelle et l’appât du gain face à la centaine de livres égyptiennes en jeu. Rendez-vous est pris le lendemain à la Mosquée, Faraz Najir préférant parler sous la protection du Très-Haut. Dans le même temps, ils retournent voir Janwillem Vanheuvelen afin d’en savoir plus sur ses recherches et son mystérieux temple souterrain mais se heurtent à la fois à la paranoïa fiévreuse du hollandais et à la troublante hostilité des chats errants du quartier au comportement décidément inquiétant.

Lundi 11 mai 1925, Le Caire: Alors que le soleil au zénith écrase la Vieille Ville dans sa chape de poussière et d’odeurs tenaces, dans la fraicheur d’une petite salle d’étude de la mosquée, Charles Finley et le Dr Simons s’entretiennent avec Faraz Najir qui finit par lâcher les informations dont il dispose contre £ 150. Le marchand défiguré relate ses tractations d’il y a six ans avec un riche américain désireux d’acquérir des artéfacts de la IVème Dynastie en sa possession . Les négociations se déroulent par l’entremise d’un agent des Carlyle vivant au Caire, un français du nom d’Auguste Loret, auquel il vend un tambourin orné de symboles mystiques au propriétés prétendument magiques, une sorte de diadème orné d’un zircon noir réputé être la clé de la résurrection du Pharaon Noir et un parchemin révélant l’emplacement de sa sépulture secrète caché à l’intérieur d’une certaine pyramide. Najir leur apprend qu’après avoir dérobé la momie de l’Expédition Clive, la Confrérie du Pharaon Noir convoiterait quelque chose se trouvant dans l’enceinte de la vieille Mosquée d’Ibn Tulun, bien qu’il ignore de quoi il peut bien s’agir. Enfin, le marchand cynique les met en garde contre Omar Shakti, qui n’est autre que le Grand Prêtre de la Confrérie égyptienne, dont le seul nom à peine murmuré suffit à faire trembler la pègre cairote et à qui des rumeurs prêtent une longévité surnaturelle, certains allant même jusqu’à dire qu’il était déjà là avant l’arrivée des Européens en Egypte. Faraz Najir jure que c’est lui qui envoya l’Ifrit quiincendia sa boutique et qu’il n’a d’homme que le visage, cachant une âme plus noire que la nuit. Suite à leur entrevue, ils retournent prendre conseil auprès du Dr Kafour, sollicitant de sa part une lettre d’introduction auprès d’Ahmed Zehavi, le nazir de la Mosquée d’Ibn Tulun afin de s’entretenir avec lui au sujet de ce qu’ils pressentent être la Ceinture de Nitocris.

Mardi 12 mai 1925, Le Caire: Nantis de la lettre du Professeur Kafour, les américains se dirigent au sud de la ville, non loin de la Citadelle de Suleiman, vers la Mosquée d’Ibn Tulun, la plus ancienne de la ville. Après un long et fastidieux entretien sur l’histoire et l’architecture de la mosquée auprès d’un des ulémas, les Investigateurs abordent le sujet de l’artéfact censé y être conservé et obtiennent une entrevue avec un vieillard au regard inquisiteur, Achmed Zehavi. Initialement circonspect à l’égard de ces infidèles, le nazir, impressionné par leurs connaissances esotériques, consent à les mener vers un bâtiment anonyme adossé à la muraille d’enceinte de la mosquée. Dans la crypte souterraine, ils peuvent contempler la Ceinture de Nitocris, placée sous bonne garde de six uléma, retirés du monde après avoir fait voeu de la protéger pour faire échec à une ancienne prophétie que leur relate Zehavi. Les réserves des américains face à cette improbable garde sont dissipées face à la vivacité dont fait preuve leur chef, Nessim Efti, lorsqu’il dégaine le Sabre d’Akmallah pour le placer sous la gorge de Finley en réponse à ses doutes.

Mercredi 13 mai 1925, le Caire, Gizeh: Sur la base de certains passages de la prophétie révélée par le nazir d’Ibn Tulun semblant corroborer les intuitions de l’archéologue James Gardner, les américains décident de mener l’enquête aux abords du Sphinx de Gizeh, à la recherche de pistes relatives à d’ éventuelles catacombes où se tiendraient les rites impies de la Confrérie. Étudiant la Stèle du Rêve de Thoutmôsis se dressant entre les pattes du Sphinx, Finley repère d’intrigantes inscriptions parmi les hiéroglyphes. Se fondant sur les parchemins et écrits blasphématoires étudiés ces derniers mois, l’historien comprend qu’il s’agit d’une sorte de formule rituelle, « Puissant est le Dieu dont le Souffle apporte la Mort et la Forme engendre la Folie ». Pourrait-il s’agir là d’une sorte de sésame menant vers le dédale de la prophétie ? De retour au « New Victoria« , ils décident de planifier la suite de leurs pérégrinations. Pressentant les menaces à venir, Finley décide de s’armer en apprenant le rituel du Nom Secret du Sultan des Démons.

Jeudi 14 mai 1925, Le Caire: Dans l’optique de leurs préparatifs, tandis que Finley, Sanger et Simons effectuent en vain des recherches sur le « Labyrinthe de Kish » au musée du Caire, O’Rourke se rend au souk des armuriers afin de dénicher des armes, optant notamment pour quelques pistolets et un fusil français de la Grande Guerre. Ils débattent ensuite de la marche à suivre, confrontés à la difficulté de se rendre avec des armes sur le site de Gizeh. Personne n’ose avouer l’appréhension suscitée à la perspective de s’aventurer dans les ténèbres sous le Sphinx, Finley suggérant même pour temporiser d’étudier l’éventuelle piste de l’agent des Carlyle, le français Auguste Loret, mentionné par Faraz Najir.

Vendredi 15 mai 1925, Le Caire: O’Rourke estime qu’il est impératif, malgré leurs appréhensions, de s’intéresser de plus près à Omar Shakti et charge leur drogman Hakim d’arranger une petite descente du Nil d’une journée en felouque du côté du domaine du riche planteur égyptien. En prévision de futures pérégrinations nocturnes sur le site de Gizeh, l’Irlandais part avec Mary Sanger acheter des djellabas et du henné afin de pouvoir se grimer en autochtones. Sur l’insistance de Charles Finley, l’après-midi est consacrée à retrouver auprès des antiquaires de l’Ezbekiya la trace de l’intermédiaire français ayant représenté Carlyle auprès de Faraz Najir en 1919. Mary Sanger, usant de son flair de journaliste mondaine, parvient à dénicher un expatrié français se souvenant fort bien d’Auguste Loret, à l’époque introduit dans la bonne société du Caire. L’antiquaire laisse entendre à mots couverts que son compatriote aurait subi de sérieux revers ces dernières années, sous l’emprise de la drogue, qui jusqu’à récemment faisait du Caire un véritable havre pour les occidentaux désireux de se perdre dans des rêveries orientales aux relents de haschisch. Selon lui, Loret résiderait chez un tailleur sur Darb Al-Ammar, une allée donnant sur la Rue des Scorpions dans le bazar proche de la Sharia Muezzidin Allah.

Samedi 16 mai 1925, Le Caire, le Nil: Fort des informations de la veille, déambulant dans les rues crasseuses du bazar, ils finissent par retrouver Auguste Loret dans la crasse de l’arrière boutique d’un tailleur. Le français, réduit à l’état d’épave dépendant du haschisch, évoque mal à l’aise les évènements de 1919, les étranges agissements des membres de l’expédition, sa rencontre avec la vieille Nyiti d’El Wasta et les visions effroyables l’ayant fait plonger dans la démence et la drogue. Dans l’après-midi, comme convenu, ils descendent le Nil vers le domaine d’Omar Shakti afin d’effectuer un premier repérage prudent. Le soir, Simons pense sentir une odeur inhabituelle dans leur chambre, comme de l’encens, peut être mais si leurs affaires ont été fouillées, rien ne semble pourtant manquer. (Compte-rendu détaillé)

Dimanche 17 mai 1925, Le Caire: Prenant comme chaque matin leur petit déjeuner au New Victoria en parcourant la presse du jour, ils découvrent avec effroi que le drame qu’ils redoutaient vient d’arriver… des bâtiments attenant à la Mosquée Ibn Tulun se sont effondrés au cours de la nuit, entrainant la mort de six ulémas respectés de la mosquée, parmi lesquels Nessim Efti. Quant au nazir Achmed Zehavi, il aurait été conduit à l’hôpital en état de choc. Se précipitant à l’hôpital arabe de la vieille ville, ils retrouvent le vieil érudit croupissant dans ce que Simons ne peut que décemment considérer comme au mieux un lazaret vétuste, au pire comme un cloaque insalubre. Le sage sagace a cédé la place à un maigre vieillard pitoyable, le visage lacéré de coupures, le bras gauche brisé, les yeux rivés dans le vide, fixant le plafond au plâtre cloqué. Malgré tous les efforts de Finley et Simons, le nazir ne semble réagir à aucun stimulus. Si une commotion cérébrale peut effectivement engendrer un tel état, le Dr Simons ne peut s’empêcher de noter que Zehavi ne semble avoir subi aucun traumatisme crânien. Tout porte à croire qu’il a vu quelque chose là-bas, quelque chose de si terrible que son esprit s’est brisé comme une brindille… Furieux et accablés par le sentiment de ne pas avoir su empêcher ce qu’ils pressentaient pourtant, ils remuent ciel et terre toute la journée, prenant audience auprès des ulémas d’Ibn Tulun afin d’avoir l’autorisation de transférer le malheureux vers l’hôpital anglo-américain à Gezireh. Passant près des décombres, ils découvrent avec stupeur que l’édifice dissimulant la crypte de la Ceinture, ainsi que les bâtisses attenantes se sont effondrés sous l’effet d’un affaissement du sous-sol… O’Rourke et Finley échangent des regards lourds de sous-entendus… Comment ne pas faire en effet le parallèle avec les effroyables Fouisseurs du Dessous, les abominations vermiformes issues des entrailles de la terre mentionnée par Wendy-Smith dans les Fragments de G’Harne ?

Nos vaillants investigateurs sont plus que conscients qu’une véritable course contre la montre a commencé entre eux et la Confrérie du Pharaon Noir. La cérémonie de résurrection doit théoriquement avoir lieu dans quatre jours, le temps est désormais compté. Dans la soirée, ils réunissent donc leurs affaires et leurs armes, et décident séance tenante de filer vers le sud afin d’aller à El Wasta pour trouver la vieille Nyiti, puis se rendre sur le site de Dhashûr, quitte à arriver après la tombée de la nuit …

Lundi 18 mai 1925, Dhashûr et ses environs: Après une nuit chez l’habitant inconfortable , les américains finissent par trouver la misérable cahutte où vit recluse la vieille Nyiti en compagnie de son fils, Unba. A l’issue d’un entretien laborieux, l’épave sénile leur fait remettre par son fils un fragment d’une dalle brisée portant une partie d’un antique symbole de protection égyptien. Ils décident de mener l’enquête du coté des pyramides de Dhashûr d’où vient probablement le fragment. Les gardes du site acceptent de se faire soudoyer pour les laisser explorer un passage condamné vers l’intérieur de la Pyramide Penchée, mais l’accord s’avère être un traquenard. Dans la chambre funéraire maintes fois explorée, ils trouvent un passage secret les menant vers une impressionnante salle où se dresse un menaçant trône d’obsidienne. Ils étudient avec attention le troublant planisphère ornant l’un des murs et notent que trois rubis incrustés semblent dessiner un triangle reliant l’Afrique de l’est à l’Australie occidentale et la Mer de Chine. Les fresques de hiéroglyphes prophétisent quant à elle la venue du Fils de Nyarlathotep en un lieu nommé Montagne du Vent Noir. Alors qu’ils échafaudent des conjectures, les six piliers ornés de gemmes s’alignant de chaque côté de la salle s’embrasent soudainement, jetant une lumière qui n’est pas de ce monde. Pris de panique, ils se ruent vers la sortie pour venir se heurter à un mur de pierre, se dressant là où, un instant auparavant, béait l’entrée du tunnel de sortie… Pétrifiés par la peur, ils assistent à l’apparition du Pharaon Noir qui leur prouve combien leurs efforts sont dérisoires en leur offrant une vision cauchemardesque du massacre des membres de l’expédition Carlyle déchiquetés par d’immense horreurs ailées jaillis de la nuit africaine. Mû par des motivations insondables, le Dieu Noir les pousse à mettre un terme à leur croisade de vengeance en leur offrant la possibilité de revenir le soir du 15 janvier fatidique dans la chambre 410 de l’Hotel Chelsea quelques instants avant le meurtre de leur ami.   Repoussant les avances du Tentateur, ils se réveillent dans la salle du trône, se demandant si tout ceci n’a été qu’un rêve, bien que troublés par le fait d’avoir tous fait le même. Ils retrouvent Mary dehors, morte d’inquiétude. La route vers le Caire se fait dans un silence de mort… (Compte-rendu détaillé)

Mardi 19 mai 1925, Le Caire: Les investigateurs apprennent qu’une personne a laissé un pli à la réception de l’hôtel la veille. Le message, anonyme, les enjoint à venir en retrouver l’auteur à l’Université Américaine. Plus que méfiants, ils y découvrent qu’il s’agit de l’archéologue James Gardner, l’un des membres de l’expédition Clive. Mal rasé, les traits creusés par la fatigue et la peur, Gardner leur révèle qu’il a échappé providentiellement à la capture par le Dr Clive et Martin Winfield, contrairement à Agatha Broadmoor, à sa grande honte. Subtilisant un camion, Gardner a pu quitter le camp, mais jure avoir été poursuivi un moment par une gigantesque forme ailée. Ce rapt confirme tous les soupçons suscités par la prophétie d’Ibn Tulun et par les visions de la médium.

Mercredi 20 mai 1925, Le Caire: Après avoir demandé conseil auprès du Dr Kafour, les Investigateurs entreprennent de s’équiper pour l’inévitable confrontation dans le dédale enfoui sous le Sphinx, arpentant notamment le Caire à la recherche d’explosifs. Une bonne partie de la nuit est passée en embuscade non loin du Sphinx, alors que la lune aborde sa dernière phase.

Jeudi 21 mai 1925, Gizeh, Le Caire: Après avoir réussi à mettre la main sur des bâtons de dynamite, l’équipe à laquelle s’est joint James Gardner reprend sa planque embusqués à Gizeh. Alors qu’une tempête de sable isole Gizeh. Peu de temps après, une énigmatique procession de silhouettes en robes se dirige vers le Sphinx et emprunte le passage de la stèle de Thoutmôsis, suivis de près par les Investigateurs. Transportés dans des catacombes antiques, les cinq étrangers se cantonnent au tunnel principal. Ils atteignent finalement un temple  aux dimensions colossales. Une foule de plusieurs centaines d’adeptes en transe psalmodie à l’unisson, alors que se répercutent les hurlements de victimes jetées dans une fosse bouillonnante de sangsues voraces.  Sur un autel surélevé, debout devant le sarcophage maudit de la reine Nitocris, Omar Shakti préside la cérémonie. A ses côtés, Winfield et Clive dénudent une maigre silhouette pâle qui ne peut être qu’Agatha Broadmoor. La médium entre bientôt en transe, son corps frêle agité de spasmes violents. O’Rourke décide à contre-coeur d’abattre de sang-froid la spirite anglaise puis s’enfuit dans le dédale, espérant attirer la foule vers lui. Simons et Sanger parviendront à quitter la grande salle en profitant du tumulte, non sans combattre. Le professeur Finley n’aura pas autant de chance et périt en défendant chèrement sa vie sur les marches de l’escalier du temple. Dans le labyrinthe, O’Rourke retrouve Sanger et tous deux regagnent la chambre d’arrivée. Mary parvient providentiellement à se rappeler la phrase en égyptien déclamée par Finley et se retrouvent à l’extérieur prenant à pied la direction du Caire malgré la tempête de sable. Peu de temps après, Simons se retrouve quant à lui coincé, incapable de se remémorer la phrase rituelle. Acculé, il se défend contre deux sectateurs et aprè avoir contemplé l’idée de se loger une balle dans le crâne, décide de revêtir les robes de  l’un  d’eux, dans l’espoir de pouvoir se fondre parmi un éventuel groupe d’adorateurs passant dans les tunnels. Quelques heures plus tard, Mary et William regagnent le Caire à bord d’un camion dont ils ont abattu les conducteurs, qu’ils espèrent avoir eu raison de considérer comme des membres du culte. Une fois à l’hôtel, ils ne tardent pas à être rejoints par un James Gardner  terrorisé par ce qu’il a vu sous le Sphinx avant de parvenir à s’évader et dévasté d’avoir assisté impuissant à la mort du professeur Finley. Alors que la jeune femme s’isole dans sa chambre pour s’abandonner au chagrin, contre toute attente Gardner fixe  d’un regard intense le détective qui sent toute volonté lui échapper. Avec un sourire sadique, l’archéologue lui intime de se laisser ligoter avant d’entreprendre de le garroter. Alertée par les bruits de lutte, Mary détourne l’attention du tueur, et se retrouve en proie à une violente attaque cardiaque, sentant une poigne de fer lui broyer le coeur tandis que William se débat au sol, les mains attachées derrière le dos. Echappant miraculeusement aux coups de couteau du traitre, O’Rourke parvient à suffisamment le distraire pour que Mary lui loge deux balles en pleine poitrine. A peine l’assassin maitrisé, que, comme vomie par une plaie dans le tissu même de la réalité, apparait en plein milieu de la chambre une chose abominable à la carcasse décharnée et aux griffes acérées comme des lames de faux cliquetantes, aux yeux morts comme ceux d’un squale. Alors que tout semble perdu, deux hommes font providentiellement irruption dans la chambre, armes au poing: le Dr Simons, accompagné de Nigel Wassif ! Sous une pluie de  balles, Celui Qui Marche Dans le Néant disparait, laissant les investigateurs sonnés au beau milieu d’un scène de crime. Simons leur relate alors son périple dans le dédale. Là, dans d’infectes geôles, il a assisté à un rituel de magie noire au cours duquel il jure avoir vu Omar Shakti insuffler au cadavre de James Gardner une parodie de vie pour l’interroger sur les ennemis du culte. Ensuite, il est parvenu à s’échapper pour être sauvé contre toute attente par Nigel Wassif. La nuit se termine au commissariat du Caire, soumis à un interrogatoire serré de la part de la police égyptienne, curieuse de savoir comment les étrangers pourront expliquer la présence d’un citoyen britannique mort ainsi que les singulières élucubrations contenues dans le journal du professeur Finley. Ils sont finalement relaxés, grâce à la mystérieuse influence de Wassif , qui plus qu’un simple directeur de journal, semble vraisemblablement faire partie des services spéciaux, probablement pour le compte de la Couronne.  (Compte-rendu détaillé)

Vendredi 22 mai-lundi 25 mai 1925, les alentours du Caire: les Américains tentent de se remettre de leurs récentes épreuves  et de la perte de Finley, conscient que leurs jours en Egypte sont comptés. Wassif fait jouer ses relations afin d’obtenir de faux passeports et des visas pour le Kenya, les informant de mystérieux incidents survenus sur la plantation de Shakti à Gezirah Mohammed.

Mardi 26 mai 1925- 4 juin 1925, Mer Rouge, Océan Indien:  Avec l’aide de Nigel Wassif, les investigateurs embarquent à Alexandrie sur un paquebot à destination de Mombasa au Kenya. Le navire franchit le Canal de Suez pour faire escale à Port Soudan avant de croiser au large de l’Erythrée. Après une seconde escale à Djibouti, dans le Golfe d’Aden, ils contournent le Somaliland avant de longer les côtes kenyanes. Pendant la traversée, Simons et Sanger se reposent, tentant d’oublier les horreurs égyptiennes tout en songeant à celles qui les attendent en Afrique, au Coeur des Ténèbres comme l’écrivait Joseph Conrad… O’Rourke s’acharne quant à lui à déchiffrer les annotations de feu Charles Finley afin d’apprendre à son tour à Invoquer le Nom Secret du Sultan des Démons…