Chapitre VI: SHANGHAI

10 novembre 1925, Shanghai, Chine: Arrivée des Investigateurs à Shanghai. Formalités douanières et installation à l’hôtel sur le Bund.

11 novembre 1925, Shanghai, Chine: Les investigateurs engage un interprète, le jeune Li Weng Chen et commencent à enquêter en visitant le Musée de Shanghai tout en essayant d’exhumer des faits divers notables dans les archives du Courrier de Shanghai. ils mettent en évidence une trainée de cadavres mutilés, retrouvés exsangues, les bras sectionnés, au milieu des faits divers émaillant le chaos de la ville chinoise prise dans la tourmente des luttes intestines entres ses innombrables cliques criminelles, armées privées et sociétés secrètes nationalistes,  ainsi que de trois incidents aux inquiétants relents de surnaturel: l’ incendie d’un petit temple de la ville chinoise, l’effondrement dans le fleuve d’une partie du Club des Navigateurs et un meurtre extrêmement brutal survenu dans une maison de tolérance de Lantern Street, non loin d’ailleurs de l’adresse indiquée par la mystérieuse boite d’allumette retrouvée en janvier dans les affaires d’Elias.

12 novembre 1925, Shanghai, Chine: Les Investigateurs avec l’aide précieuse de leur interprète enquêtent au temple incendié où ils apprennent surtout la présence d’un européen le soir de l’étrange incendie.  S’agissait-il de Jack Brady ? Ils se rendent ensuite sur Lantern Street au Tigre Trébuchant, où ils se heurtent au manque de coopération du tenancier sino-écossais, Fergus « McChum »qui prétend que Brady a quitté Shanghai depuis belle lurette pour jouer les mercenaires du côté de Rangoon. Un peu plus loin, une visite de la Maison de Filles Fleurs théâtre du récent assassinat révèle des indices troublants. Quelque chose qui n’avait rien de naturel a mis les occupants de la chambre en pièces. Une chambre qui était jusqu’à peu celle d’une prostituée du nom de Choi Mei-Ling, se trouvant avoir une liaison avec un gwailo du nom de John. La piste de Jack Brady est brûlante mais comment retrouver la trace de la jeune femme ?

(Compte rendu détaillé)

13 novembre 1925, Shanghai: Tentant de remonter la piste de Brady, ils se rendent dans le quartier du Club des Navigateurs où des mendiants locaux leur font un tout autre récit du soi-disant accident ayant causé l’effondrement de la bâtisse, récit qui ne peut que faire frémir O’Rourke. Cheminant ensuite dans les rues de la Ville Internationale pour se rendre au Musée, ils se retrouvent aux premières loge d’un assassinant politique. Ils ne parviennent pas à arrêter le meurtrier chinois, mais l’arrivé de la police fait dégénerer la situation une émeute prestement réprimée. Au musée, ils recueillent les noms de personnes faisant autorité en matière folklore et d’occultisme chinois. Ainsi font ils la rencontre d’une vieille bouquiniste ambulante de la Vieille Ville, Chin Xu, qui confirme leurs soupçons quant à l’existence d’un culte chinois dédiée à une sombre déesse. Ils décident ensuite d’aller directement creuser le sujet auprès de Mr Mu Hsien, figurant par ailleurs sur leur liste, un érudit qui lui aurait acheté un manuscrit rare, Le Sixième Livre Cryptique de Hsan. Mr Mu les reçoit dans sa demeure autour d’un thé, mais les Investigateurs se méfient rapidement  de celui qui pourrait fort bien être acquis à la cause de leurs ennemis. Pourtant, le vieil occultiste leur brosse un tableau assez détaillé de l’histoire de ce qu’il nomme l’Ordre de la Femme Boursoufflée. Il s’agit d’une secte infâme qui aurait survécu à diverses purges impériales au cours de plusieurs millénaires d’existence pour finir par faire de Shanghai son bastion, sous l’égide d’un puissant chef ourdissant de bien sombres projets

(Compte rendu détaillé)

14 novembre 1925, Shanghai:

15 novembre 1925, Shanghai:

16 novembre 1925, Shanghai: Les Investigateurs se remettent de leurs émotions et contusions  de la veille, seul O’Rourke étant salement amoché. Reprenant contact avec Fergus McChum pour le mettre au courant de leur trouvaille, ils lui font part de leur intention de se rendre sur l’Ile du Dragon Gris. Contrairement à eux, le barman pense que si Brady est encore en vie, il est possible qu’il soit encore à Shanghai. En effet, ses sources semblent indiquer que Ho Fong n’a pas quitté sa demeure depuis près d’une semaine. Ils se laissent persuader d’entreprendre une ultime tentative de  le sauver si la chose est encore d’actualité.

Malgré leur piteux état, cela implique rien de moins que de se rendre dans la Concession Française pour s’introduire par effraction chez le « respectable » Mr Ho, qu’ils redoutent d’être plus que lié à la branche chinoise du culte du Dieu Noir…

C’est ainsi que le soir même, à la faveur de l’obscurité, O’Rourke escalade le mur d’enceinte de la propriété cossue de l’homme d’affaire pour discrètement neutraliser le veilleur de nuit et ouvrir la porte à ses compagnons. Alors qu’une pluie drue et froide se met à marteler les toits de tuiles pentus du quartier,  ils traversent discrètement la première cour intérieure, dévolue aux domestiques de la maisonnée, pour s’introduire dans le grand salon réservé aux réceptions. Tout y respire confort et opulence ostentatoire, comme il sied à un notable de la bourgeoisie chinoise, confortables divan et fauteuils, lourds buffets de bois peints rehaussée de dorures couverts de vases de porcelaine fine cotoyant les statuettes d’ivoire ciselées, figurines de jade ou coffrets de laque précieuse, des bougies éclairant les lieux d’une douce lueur ambrée…

En avançant à pas de loup vers la porte menant vers la seconde cour desservant les appartements privés, Mary fait malheureusement tomber un bibelot sur le parquet. S’apprêtant à se baisser pour le ramasser,  elle entend aussitôt des murmures, derrière les persiennes de la porte, à quelques pas d’elle, malgré le murmure de la pluie ruisselant des toits en pagode. La journaliste a à peine le temps d’intimer à ses compagnons de se cacher que des gardes font irruption dans le salon.

Le souffle court, cachés derrière un paravent peint, un canapé ou un fauteuil,  ils entendent les pas feutrés des deux cerbères inspectant le salon. Alors qu’ils arrivent à sa hauteur, Dodge jaillit de sa cachette derrière le sofa et éventre littéralement le musculeux chinois en tunique de soie noire pris au dépourvu. Ce dernier n’a pas même le temps de hurler avant de s’effondrer sur le parquet au milieu d’un paquet de viscères fumantes. Au même moment, Simons tente de réduire son comparse au silence en sautant sur lui. Avisant que l’homme va donner l’alerte, O’Rourke décide de tenter le tout pour le tout en faisant recours aux hérésies consignées dans le manuscrit de Robert Huston. Chevrotant des syllabes qui n’auraient jamais du être destinées à une gorge humaine, sa volonté s’empare brutalement de l’esprit du chinois, le forçant à se figer. Alors qu’il sent les limites de sa propre conscience et celles de sa victime se brouiller, l’irlandais  relâche son emprise, horrifié. Mais c’est plus de temps qu’il n’en fallait au médecin pour enfoncer son poignard dans la poitrine du garde impuissant…

17 novembre